Objectifs et ambitions

L’objectif majeur, à travers l'IM2E, est que la communauté montpelliéraine des sciences de l’eau et de l’environnement contribue à relever les nouveaux défis de connaissance et d’adaptation que constituent enjeux émergents et OMD : protection des ressources en eau et des écosystèmes aquatiques, gestion de la ressource, politiques publiques adaptées, risque sanitaire, risque hydrologique, sécurité alimentaire, etc.

Pour ce faire, un objectif important sera de développer l’interdisciplinarité et la réactivité de la communauté scientifique face à ces défis, actuels et émergents. Ainsi sera-t-il possible, en particulier, de se donner les moyens de positionner l'IM2E au regard de l’élaboration et de l’utilisation de scénarios prospectifs complexes (SPC) tant pour ce qui est des ressources en eau que des écosystèmes aquatiques. Beaucoup de scénarios et de prospectives sont aujourd’hui encore essentiellement « sectoriels » et ne prennent pas en compte les interactions/rétroactions des différents secteurs (climat, démographie, occupation des sols, économie, etc.) les uns par rapport aux autres.

Ce sont ces scénarios complexes, construits au regard des enjeux émergents dans un monde globalisé, qui permettront de contribuer aux réponses attendues par la société de la part des scientifiques dans un domaine d’importance primordiale à tous les niveaux.

Cette démarche, construite autour des enjeux, avérés et émergents, et des SPC doit rendre réalisable l’exploration de futurs possibles ou la viabilité de trajectoires s’inscrivant dans un avenir incertain. La stratégie proposée a, ainsi, l’ambition de contribuer à exploiter durablement les écosystèmes en valorisant ces capacités d’anticipation, donc d’adaptation. Elle vise également à développer des moyens de suivi et d’évaluation en intégrant l’évolution rapide des capteurs et des systèmes d’information qui permet la mise en œuvre de modes de régulation de diverses natures (technologiques, économiques, politiques, etc.). Cette volonté est une illustration de l’objectif revendiqué de production d’innovations et de capacités de recherche en entreprise. Cette dimension sera menée en collaboration avec le Pôle de compétitivité à vocation mondiale sur l’Eau, l’association SWELIA, qui rassemble plus de 90 entreprises, et Transfert LR (bourses Cifre, création de start-ups, dépôts de brevet, etc.). Les institutions en charge de la conception, de la mise en œuvre et du suivi des politiques publiques (Ministères, Agence de l’eau, collectivités territoriales) seront aussi associées pour des innovations de nature institutionnelles, organisationnelles ou économiques.

L’ensemble de ce qui précède éclaire l’objectif général de ce projet qui est d’acquérir une lisibilité scientifique internationale, positionnée en région Languedoc-Roussillon, sous la forme d’un Centre de recherche et de formation de premier plan européen et à forte attractivité : l'Institut Montpelliérain de l'Eau et de l'Environnement.

Dans ce but, l’Institut s’inscrira ouvertement comme une structure de pilotage et de coordination de projets interdisciplinaires de grande envergure. Il s’appuiera sur les compétences de 14 laboratoires, plus de 400 scientifiques et plus de 150 doctorants. Il s’agit donc d’un projet résolument ambitieux qui vise à créer un lieu privilégié de mobilisation des communautés scientifiques sur des sujets de recherche en lien avec les changements globaux, au Nord comme au Sud. Il doit avoir pour ambition d’être, d’une part, une force d’attraction pour les compétences spécifiques qui manquent aujourd’hui et, d’autre part, un pôle de mobilisation des autres communautés scientifiques nécessaires pour apporter des réponses pertinentes aux questions posées. Sous le triple effet d’une masse critique rassemblée, d’une pluridisciplinarité revendiquée et d’une attractivité renforcée, l'IM2E apporte ainsi une plus-value dans plusieurs domaines parmi lesquels :

  • la compréhension des processus (recherche amont) ainsi que la recherche et la mise en œuvre de solutions (recherche finalisée) ;
  • la capacité à considérer différents niveaux d’organisation du vivant et de ses processus d’adaptation (de la mutation génétique à la sélection des populations au sein des communautés en passant par les adaptations écophysiologiques) à l’œuvre en regard des changements environnementaux ;
  • la capacité à aborder des échelles de temps et d’espace variées :
    • des temps très courts (par exemple, celui de la crue éclair en lien avec les problématiques de régulation de l’eau dans les ouvrages) au temps intergénérationnel des processus accumulatifs, pouvant induire des effets de seuils et impliquant des apprentissages, voire des changements de normes ou de valeurs sociales ;
    • des micro-échelles spatiales (comme par exemple celle des processus cellulaires) à la circulation des flux d’eau sur un territoire hydrologique en lien avec la mise en œuvre de politiques territoriales.

La force et la réussite de ce projet passent par la mutualisation de moyens dans de nombreux domaines : formation, plates-formes techniques et analytiques, moyens d’observation et de modélisation. Dans ce secteur, en particulier, le développement de modèles hybrides, nécessairement complexes et riches d’interactions, est une ambition forte et clairement affichée. Elle prendra la forme d’une plateforme de modélisation commune, autorisant le couplage de modèles de processus biophysiques, écologiques et socio-économiques, intégrant les capacités d’anticipation et d’apprentissage des individus et des sociétés, et favorisant le dialogue entre domaines scientifiques complémentaires. Par rapport à la situation actuelle, où les réflexions sont portées par des Unités de taille moyenne aux interactions structurellement limitées, la valeur ajoutée de ce projet est aussi de mettre en commun des compétences afin d’améliorer significativement notre capacité de réponse face aux enjeux évoqués plus haut. Elle est également de développer et renforcer le potentiel des équipes de l'IM2E pour répondre plus efficacement aux appels d’offres et aux projets de recherche actuels en s’appuyant sur une démarche collective et pluridisciplinaire.